2007-03-06

Poussière et misère



Pendant 3 jours de temps, je me promène avec Gezlar dans les rues poussièreuses et bondées de Delhi. Il me donne le courage qui me manque. Il me parle de sa vie, de sa famille. Il a plein d'amis dans les quartiers. Il me dit tout le temps qu'il est pauvre, qu'il a pas d'argent, mais que sa foi l'aide à passer à travers tout ça.

Pour se rendre aux différents temples à visiter, nous prenons le taxi, des Auto-Rickshaw. Propulsés par des moteurs de motos, ces drôles d'engins transportent des milliers de gens du nord au sud à Delhi. Considérant le bordel que peut être la circulation à Delhi, ça tient du miracle. D'ailleurs, vu par un occidental, la manière de vivre de ces millions d'Indiens tient du miracle et de la survie.

Une idée de quoi ça a l'air une balade en rickshaw, imaginez vous conduire une auto temponneuse au beau milieu de 1000 personnes avec des motos, des vaches, des mules, des charette et aucune démarcation entre la ligne gauche et droite de la route. Vous avez encore même pas idée. Malgré tout ça, les conducteurs se respectent plus qu'ici, étrange...

Le jour, je visite des temples de toute sorte avec Gezlar, je respire la pollution qui noirci mes narines (comparé à ça le smog de Montréal c'est le paradis!!). Je suis frappé par l'ambiance si calme et zen des temples et le retour à la rue bruyante et bordélique. Deux univers à une porte de distance.

Le soir, je suis sage et je reste sur la terasse de mon hôtel où ya un restaurant et surtout un bon rassemblement de routard comme moi qui cherchent toujours une bonne conversation avec des compères. J'y rencontre des Français, des Japonais, des Irlandais, des Australiens, des Allemands. plein de gens différent. Les gens sont toujours très sympathiques, à part quelques Japonais qui semblent condescendants.

Un bon matin, avant de visiter un temple bouddhiste, je décide d'aller vers un terrain vague et surprise je peux accéder au fleuve. J'approche tranquillement et environ 20 mètres avant d'arriver à la rive, une odeur de merde épouvantable envahi mes narines polluées et me monte à la tête. J'en reviens pas! Ce fleuve un putain d'égoût à ciel ouvert! À la surface, des étroncs en quatité phénoménale se mêlent à toute sorte de déchêts. J'en ai le vertige. Si fallait que je tombe la dedans, ma peau décolle.

Par hasard, à la station de train, je rencontre une bande de coréens fort sympathique et je décide de passer la journée avec eux. Ils sont un peu craintifs et n'ont toujours pas mangé indien. C'est donc moi, petit Quebecois, qui fait découvrir les joies de la gastronomie indienne à des Coréens.

Voila la photo, des Coréens trop gentils et moi avec un look discutable :P




Delhi est au prise avec un grave problème de pollution. Les gens jettent leurs déchêts à la rue et le concept de récupération fait partie d'un futur hypothétique. C'est même pas grand comme Montréal et on est 16 millions sur ce petit bout de terre ravagé. Malgré tout, Delhi est passionnante, c'est une porte ouverte vers l'occident, une énergie spéciale combinée à une volonté de progrès et d'avancement. Son centre ville est en transformation, tout change très vite, il y a plein de projets immobiliers, un métro plus moderne qu'à Montréal, un McDonald et des boutiques de linge branché et puis 4 rues plus loin tout redevient l'Inde normale. Franchement paradoxal.

Mais Delhi n'est pas ma destination finale. Delhi est le quai de débarquement, le début de l'aventure.



Je décide donc de partir, destination: Dharamshala, village du Dalaï Lama, en plein Himalaya.
Je quitte mon "ami" Gezlar (maintenant désigné comme guide touristique demandant paiement) un soir en lui souhaitant une vie meilleure.

J'ai pour environ 15 heures de train à faire et 4 heures d'autobus, mais je m'en fou complètement. Je suis rempli d'une énergie folle, de l'adrénaline qu'on peut seulement avoir en voyage. Je suis où j'ai toujours voulu être. J'ai aucun ami à moins de 16 000km d'ici. Je me sens absolument libre d'être moi-même puissance 10.


Je suis dans le pays miséreux et il y règne la croyance absolue.

2007-03-05

La petite cerise

Tangerine la fabuleuse m'a fait revenir dans le temps aujourd'hui...

J'avais 18 ans et j'étais encore plus intense qu'en ce moment, trop peut-être.

Je fréquentais une fille depuis quelques semaine, ma tête était toute embrouillée. Elle confondait désir et amour. Et dans un tourbillon, un moment intense, j'ai prononcé les mots qu'il ne faut jamais dire sans penser:

- Je t'aime

J'ai tout confondu, je lui ai avoué, mais elle comprenait pas parce ce qu'elle sentait au fond d'elle était plus fort que mes aveux. Elle qui orgueilleuse comme mille, s'était mise à pleurer devant moi en me crachant au visage toutes les larmes de son corps. J'ai rien trouvé de mieux à dire.

Un soir, assis devant la rivière, à l'écart des autres à un party, elle est revenue et m'as dit: Jeff, moi non plus je t'aime pas, je te désire...je veux faire l'amour avec toi...

Et ça a été un des moments les plus fous de ma vie, on s'est enlacé des heures, on s'est touché jusque dans le fond de l'âme. On a dormir collé, sans penser à la journée qui s'en venait.

Puis je suis parti, loin, dans l'ouest pour quelques semaine. Je cueillais des cerises au sommet des arbres sans trop penser à ce qui était arrivé.

Quand je suis revenu, à la seconde où je suis sorti de la voiture, elle passait au même moment dans la rue, l'air désinvolte, désintéressée, avec sa grosse slush à la main. On a parlé comme si rien ne s'était passé quelques semaines avant. Quelques minutes, quelques heures. Ça s'est bien terminé.

Et là, depuis que j'étais arrivé, je sentais que fallait que j'aille voir mon copain Mate. Pourquoi lui en premier, je sais pas. Au bout de quelques heures, trop de bière, il en pouvait plus:

- Faut que je t'avoue de quoi Jeff, elle était enceinte, elle s'est fait avortée...

J'ai paniqué, j'ai disjoncté. J'étais assis dans le corridor, désabusé par la vie. Moi, faire un enfant?

J'avais pas le choix, fallait que j'aille la voir. J'ai pris le courage qu'il fallait je ne sais trop où, je me suis rendu à son appart.

Elle à ouvert, j'ai fondu en larmes. Je l'ai prise dans mes bras

- Je sais tout

- Qui t'as dit ça?

- Ça a pas d'importance. Je voulais juste qu'on en parle

- J'ai rien à dire la dessus, c'est du passé. Qui t'as dit ca?

- Arrête, ça donne rien, je te le dirai pas, c'est pas ça l'important.

Elle s'est refermée, sans m'en parler. Ce qui lui importait c'est que les autres soient pas au courant. Saleté d'orgueil.

Et moi qui pendant tout ce temps la qui cueillait des cerises...yen avait une qui attendait, bien cachée...

2007-03-04

La mosquée de Gezlar


Et Aux pieds de cette mosquée, des hommes assis en tailleur qui chantent tous ensemble jusqu'à ce que des larmes de joie coulent sur leur visage...

Puis quand



Quand tu te rend compte que ton avenir, c'est maintenant, et que tu ne le réalises pas pleinement

Quand tu te retrouve face à toi même après un moment intense que tu revivras jamais

Quand ta maison est vide, sans cris, sans rire, sans famille

Quand tu peux plus endurer la douleur et qu'elle te transperce de partout

Quand tu viens d'échouer quelque chose qui te tenait vraiment à coeur

Quand la vie t'avale

Puis quand tu te fais dire: Non Jeff, plus maintenant, plus jamais


...Tu te sens comme un enfant seul dans le noir pour la première fois...

2007-03-03

La grande tempête



Depuis que t'es toute petite, on t'appelle la tornade

Parce que déjà là, il n'y avait rien qui tarrêtait. Tu parlais sans arrêt et sans gêne. T'avais 4 ans et déja tu remettais les gens à leur place, même le grand-père que personne osait affronter. Toi, du haut de tes quelques années de vie, t'avais l'applomb que certain auront jamais. Ton coeur battait déjà à toute allure.

Et puis t'as vieilli, tranquillement tu es devenue femme. Ton adolescence, tu l'as pas trouvé facile, même entourée de tes parents et loin de la misère. À croire que la misère, on la vit dans son coeur bien avant de la vivre de ses poches.

Tu as rencontré ton premier amour, le premier gars que t'allais aimer du fond de ton coeur. Des jours et des mois sont passés. Tout ça s'est terminé parce c'était toi, parce que c'était lui. Pourtant, le feu brûlait mal, mais brûlait encore.

Puis, un matin comme les autres, son coeur à lui s'est arrêté de battre. Et...sans que tu puisses rien y faire, le tien aussi. Tu a cru après un certain temps que ça avait passé.

Mais a souffrance était encore la, elle apparaissait une fois de temps en temps, c'était parfois une averse parfois une tempête... et parfois un ouragan. Une tornade devant ton soleil brillant. Une sorte de fureur qui balayait tout sur son passage, les ciels bleus de ta tête et les êtres les plus chers. C'était une fureur qui te faisait dire des choses que tu pensais pas, mais qui une fois prononcées restaient accrochées au fond de tes pensées.

Tout ça grandissait à chaque jour.

Puis un jour, tu as décidé que ça en était assez. Assez de peine et de misère. La tornade resterait toujours la tornade, mais ç'en était fini de la pluie, de la tristesse et du malheur.

À ce moment là, ton coeur a recommencé à battre... et le sien aussi, un peu peut-être, à travers toi...

On verra ben

Dans une heure c'est terminé
Le soleil va se lever
La vie va continuer

C'est le genre de fille que tu rencontres au hasard, sur un coup de dés. Tu sais pas qui c'est vraiment, jusqu'à temps que tu sentes qu'elle est comme toi, qu'elle te ressembles au fond.

Tu sais pas ce que ca va donner, où ça s'en va, comment ça va se passer. Tu sais seulement que t'es là, à côté d'elle, ce soir là.

Tu te demandes ce qu'elle peut bien te trouver, toi tu forces le hasard pour la revoir. Est-ce que ça se fait forcer le destin?

Et puis, par un soir de brûme les dés te donnent ce que tu veux. Est-ce que tout se joue sur un coup de dés dans la vie, au hasard des détours?

Tu reprendras ton chemin
Je prendrai le mien
Pour le reste on verra ben...

2007-03-01

Il était une fois dans l'est

Je quitte l'hôtel de Bill et Debby, mes premiers amis. Je suis un peu triste, mais je laisse ça pour demain.

C'est là, à ce moment là, que je réalise que je suis seul en pleine rue en Inde. Autour de moi, ya mille Indiens à l'intérieur de 10 mètres carré, des chiens et des vaches partout, plein de gens qui essaient de me vendre des trucs que je veux pas. Je suis à Pahar Ganj, quartier des routards, des guides improvisés, des arnaques.

À ma gauche et à ma droite, ya des petits commerces avec des enseignes poussiéreuses partout. Les fils électriques sont amassés en bordel gigantesque. Il ne semble y avoir aucun ordre logique, mais pourtant tout fonctionne.

J'avais trouvé un hôtel ou je voulais loger à mon arrivéedans mon guide de voyage. Après quelques minutes de repérage (il n'y a pas de nom de rues en Inde, ca complique un peu les choses), je le trouve, il est plein, on me réfère à un autre presque aussi bien.

Je m'installe et je retourne au restaurant de l'hôtel, à l'étage du bas. Je me sens plutôt bien de m'être lancé la dedans seul. Je m'acclimate. Moi qui avait juste été en Floride et dans l'ouest canadien avant, ça avait rien à voir ce que je vois là.

Je retourne à la rue et je rencontre la personne qui faut au bon moment. C'est Gezlar, un musulman d'environ 30 ans, habillé style très occidental. Il est sympathique et il connait bien l'anglais, il sait très bien comme beaucoup d'Indiens que c'est la langue de l'argent t souvent de la survie. Il a un bateau au Cachemire où vivent sa mère et sa soeur. Lui, il est à Delhi pour ramener un peu d'argent durant l'hiver et essayer de vendre ses voyages. Pas facile de vendre la Cachemire à un touriste ces temps-ci.

Durant 3 jours, Gezlar m'aide à connaître un peu l'Inde. Il me parle de choses qui faut savoir par rapport à Delhi. Il est très spirituel. La première chose qu'il m'emmène voir est la mosquée du sud. J'arrive au moment où tous les hommes s'assoient en face de l'hôtel. Il se mettent à chanter en coeur.

Moi qui est pas très religieux, quand les chants se sont élevés, j'ai senti une vibe incoyable. Gezlar chantait à côté de moi, des larmes coulaient sur ses joues. Il était littéralement emporté, ailleurs dans son monde.

La journée tire à sa fin. Gezlar veut me montrer sa chambre. C'est tout petit, ça sent pas très bon et ya pas de meubles, mais Gezlar s'en fou bien, qu'est-ce qu'il pourrait bien faire seul dans sa chambre, la vraie vie pour lui c'est dehors. Au passage, il me montre des photos de lui avec plein de touristes. Il tente de gagner ma confiance, et tranquillement ça marche.

Je repart de là, les idées un peu ébranlées. Arrivé à l'hôtel, je montre sur la terasse sur le toit. Entre 1000 coups de klaxons et plein de touriste un peu excentrique regroupés en ce froid soir indien, je regarde les étoiles. Yen a pas, la pollution au dessus de Delhi faisant que je les vois pas.

Pas grave, j'ai plein d'autres chose à regarder...

Help! I need somebody!


Demain soir au Medley, c'est l'hommage aux Beatles par le groupe Help. En plus c'est gratuit si les billets sont imprimés sur le site medley.ca !! Ouverture des portes à 20:30

Si le coeur vous en dit.

Les 60s et 70s dans la musique, c'est la période rêvée, comme si tout le monde avait eu son coup de génie en même temps. Bon, j'idéalise peut-être tout ça un peu...






La suite indienne ce soir ou demain

Entre parenthèses

Je viens de lire la phrase la plus intriguante que j'ai lu depuis longtemps, par Methane-Alyze:

"Ce gars là semble zen dans son dark system de pensée. Totalement fataliste et désillusionné. Je soupçonne qu'il a tellement laché prise au fond que c'est ca, c'est ça qui le rends aussi zen qu'un béatifié dans sa cathédrale en ruine..."

Non mais wow! Ya vraiment des trésors cachés sur la blogosphère québécoise

Au fait, je voulais savoir aussi, parmi vous lecteurs yen a t-il qui vont au yullblog de mercredi à la quincaillerie? J'aurais le goût de mettre certains visages et certaines voix sur vos textes un de ces jours...

En plein désert, en pleine nuit...