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2011-01-13

- Tu crois qu'on est un feu de paille?

- Toi et moi, non

2007-05-23

Pas si seul

Je devais terminer ce voyage avec Emilie et Marjorie le 25 mai, mais etant donner que Emilie est tombée "gravement" malade, je me retrouve seul a Cancun pour la derniere journée. Ca me permet de reflechir a tout ce qui sest passé dans ce voyage.

Dans ce voyage, jai decouvert vraiment les 3 personnes avec qui je voyageais.

Jf, lecologiste qui avait assez denergie pour dormir 4 heures par nuit et passer la journée dapres a marcher, tout excité par les activités quon allait faire.

Marjorie, lesprit calme qui decoche en un seul regard une fleche que dautres lanceraient avec 1000 mots superflus, elle ma fait une grande impression.

Et Emilie, un phénomène de thése de doctorat. Une femme restée dune part emprisonnée dans une mentalité de fillette et dautre part assez mure pour etre mariee a ses 22 ans.

Et ce soir, alors que je profite de ma liberté complète dans les rues de Cancun, ils me manquent...

Et toute cette solitude me donne envie de revenir blogguer, de revenir dans cette insipidosphère québécoise pleine de solitudes, comme moi, rivées a leurs écrans...

Bon, dans ces cas la, cest le temps douvrir une bière

2007-05-17

Élla



Dans ce temps la, jai le gout decouter Led Zep, Pink Floyd et meme Guns n roses plus fort encore que la musique qui joue dans ma tete.


Dans ce temps là, jai le gout de chanter a tue tete toute la nuit.


Parce quen ce moment, ma tete senvole avec les oiseaux des canyons et elle dérire délicieusement aussi pour le retour.


Que demander de mieux?

November rain en plein soleil


2007-05-14

Tulum, juste au Mexique

Bonjour!

Je crois que je vais tout raconter le voyage en revenant parce que lenvie daller sur Internet estr tres difficile a trouver alors que je peux aller profiter du soleil du Mexique!

Je veux juste dire une chose: Tulum cest incroyable!

Je vous en reparle, pour vous les lecteurs encore fideles qui visitent le blogue meme si je ne visite plus temporairement le votre!!

Amusez vous :)

2007-05-09

El Tabarnacos

Eh oui, jai appris en retard que certain mexicanos aiment bien nous appeler les "el tabarnacos". Je me demande bien pourquoi :P

Me voila au Mexique depuis 1 semaine et je dois dire que jadore. Ca prend quelques jours sadapter au rythme de vie, car mis a part dans les capitales, le temps ici passe beaucoup plus lentement.

Partout dans les rues des villages, des mexicains tiennent des petits magasins souvent peu utiles et passent avec plaisir une partie de leur journées biens assis sur leur chaise a regarder dans le vide ou encore a se siroter une corona tranquille au soleil.

Cest pas compliqué, meme les chiens et les chats fontionnent au ralenti. Pourquoi aller du point A au point B en 5 minutes quand on peut prendre son temps et le faire en 20.
Cest la que jai appris ce que voulait dire les " 5 minutes mexicaines" ;)

En ce moment, je suis dans le coin de Tulum, dans un genre dhotel festif pas cher et cest incroyable.

Ca me donne lidee, a moi aussi, je mouvrir une petite auberge dans le genre et de passer ma vie tranquille, sur le pas de mon entree à regarder tranquillement au loin et me dire avec un petit sourire au coin des levres que je ne pourrais pas etre plus heureux... :)

2007-05-06

Photos!

Alors voilà quelques photos de voyage a Isla Mujeres au Mexique!



2007-05-04

Ce quon en dit et ce quil en est vraiment

Voila maintenant 4 jours que je suis au Mexique et je dois dire quil sagit dun endroit vraiment bien!!

Apres une nuit a Cancun dans un petit hotel tranquille, nous sommes partis sur une petite ile a quelques kilometres de la rive: Isla Mujeres. Nous voulions fuir les touristes beaucoup trop americains de Cancun pour voir un coin plus sympathique. Bon, ici il y a encore beaucoup de touristes, mais des gens de vraiment partout. On a rencontre quelques quebecois aussi, des vieux hippies et aussi une fille qui voyageait en solitaire depuis quelques mois deja.

Le voyage se deroule bien jusqua present et je constate quelques surprises. Je suis vraiment content finalement quon soit 4 personnes parce que moi et emilie on sentend pas super bien. P-e que cest parce quon a 2 caracteres fort, lintense se laisse difficilement marcher sur les pieds.

Ce que je constate encore plus, cest que les voyages exposent en plein jour nos defauts et nos qualites de facon vraiment plus marquer que dans la vie de tous les jours.

Jf est vraiment un voyageur comme moi. Il a du front, a la limite du temeraire, fier et toujours capable de sadapter a toute situation. Il est flexible dans sa maniere detre avec les gens. Il a une joie de vivre vraiment inspirante. Franchement, je mimaginerais bien passer un long voyage avec lui dans un pays vraiment creux. On a la meme facon de voir les choses et le meme gout de laventure.

Emilie, comme je lai dit, me decoit quelque peu pour linstant. Je la croyais fonceuse et capable de vivre dans les pires conditions (selon ce quelle ma dit). En realiter, elle paranoie beaucoup et est un peu chochotte. Elle parle toujours delle meme, de ce quelle a fait, de ce quelle vit (javoue quelle a vecu des affaires bad, mais de tjrs en parler ca devient un peu fatiguant) et jai vraiment limpression quelle sinteresse pas a ce que je dis. Elle est pleine de qualiter, dhabitude on a vraiment du fun ensemble, mais la cest comme si jetais saturer. Jai espoir que les choses vont se replacer.

Marjorie est vraiment une fille intriguante. Elle ne parle pas beaucoup (cest la meilleure amie a Emilie, elles vont bien ensemble), mais on sent quelle en pense beaucoup. Elle aussi est vraiment capable de sadapter aux situations et aux autres. Elle dit peu de choses, mais souvent elle sait en quelques mots exprimer une veriter que dautres prendraient des paragraphes a illustrer. Elle peut envoyer une droite avec tellement de subtiliter que ca suscite mon admiration. Cest exactement ca, douceur et subtiliter.

Et ce que je realise par rapport a moi meme, cest que je suis plutot impulsif et quelquefois irreflechi dans mes decisions. Je suis assez mule, alors quand jai une idee en tete, cest difficile de me lenlever. Ca doit pas toujours etre facile pour mes amis voyageurs. Mais bon dun coter plus positif, je suis aussi debrouillard, fonceur et assez social, je me fais des amis rapidement. Faut seulement que je gere mon intensiter, cest le travail dune vie je crois.

Voila la facon dont je vois mes coequipiers de voyage en ce moment. La vie est vraiment surprenante. Jaurais pas pu predire ca vraiment.

Jadore la facon de voir le temps ici. Tout est moins calculer a la minute pres. Le temps est plus elastique, les gens sont generalement beaucoup moins stressers. P-e que cest la chaleur qui force a ralentir, je ne sais pas. La vie est douce ici (en tout cas pour le touriste...), mais la pauvreter est vraiment accablante quand on sort des zones touristiques. Mais bon, les gens qui viennent ici ne veulent pas voir ca, alors on cache tout pour ne pas que le blanc se sente mal...

Le tourisme est dailleurs un truc a double tranchant pour lendroit ou je suis. Dun coté, ca apporte beaucoup dargent pour sortir les gens de la misere et je realise quau Mexique cest vital pour eux sils veulent survivre, surtout a Cancun ou on ne vit pratiquement que de ca. Dun autre coté, on detruit les maisons des mexicains pour faire de la place aux grands hotels. Mais malgré tout, je crois que ce qui en ressort est assez positif pour eux et pour nous.

Et jai aussi toujours cette impression que les touristes sont souvent pris pour des imbéciles par les locaux. Peut-etre dans bien des cas ont-ils raison...

Je pourrais vous detailler tout ce que je fais de mes journées, mais je trouve ca moins intéressant que de vous parler de certaines réalités sur le voyage.

Jessaie toujours de mettre quelques photos sur le blogue, mais lordi ou je suis presentement veut rien savoir. P-e que je vais reussir avec un autre plus tard ce soir, no sé :P

Hasta la proxima, amigos :)

Jeff P

2007-05-02

My coke is so pure, that I call it Ajax

Ca commence fort

Alors voila pour ceux qui ne le savaient pas, je suis au Mexique pour 3 semaines avec 3 amis! Mais avant dy etre, jai du faire un transit dune journee dans la merveilleuse (...) ville de Miami.

Donc apres 3 heures de vol, nous descendons pour 16 heures faire un transit a Miami. Comme on avait pas le gout dattendre, on a decider dexplorer la ville. Il etait 8 heures du soir, donc on ne pouvait pas trop visiter, on a decider daller manger dans un endroit touristique a South Beach. Pour se rendre, on a pris le mauvais bus, donc au bout de quelques kilometres, il a fallu descendre pour prendre un autre transit. Mes amies sont allees acheter des smokes au depanneur den face juste quand le bus est passer, donc Emilie sest chargee de passer en plein milieu du trafic et de se faire insulter par des latinos afin de retenir le chauffeur a la lumiere. Elle est malade cette fille, elle aurait pu y passer!!

Premiere chose que je remarque, laccent de Miami. Ouf, pas facile a comprendre, les mots rebondissent dans leur bouche et il y a tjrs un You know what I mean entre 2 phrases.


Finalement on arrive, on se promene a South Beach pour trouver un resto. Cest la que jai compris que les Etat-Unis, a bien des endroits ca ressemblait effectivement aux films americains. Des gros hummers partout et des gens qui se prennent vraiment au serieux. Des gens assez enormes aussi!! La mentaliter americaine est vraiment a la fifty cents "Get rich or die trying".

Tout est plus gros ici et la bouffe est salement grasse. De la sauce, du beurre, de la viande grasse et encore de la sauce par dessus. Jai du prendre 5 livres en une journee.

Il y avait aussi beaucoup de police et plein de gens assez hasardeux, donc un genre de dealer qui arretait pas de caller dans la rue "My coke is so pure, that I call it Ajax". Freak un peu de voir ca. Ah aussi joubliais le moment le plus weird: je croise un gars dans la rue, il a lair tellement defoncer sur lextase. Pendant que je passe, il me touche lepaule en se frottant la main, jen ai pas fait de cas, je cherchais pas le trouble. En plus, plein de gens ont des guns ici, ca me rassure pas trop si je decide de me facher mettons!! On a continuer a deambuler dans les rues apres puis on est rentrer a laeroport pour un 12 heures dattente. Jai pas fermer loeil de la nuit.

Donc en gros, mon experience des Etats-Unis na fait que confirmer ce que je pensais: Cest vraiment de la merde...

Ici, cest la loi du plus riche, de celui qui va en faire plus pour impressionner les autres, des chicks maigres comme des clous avec des seins gros comme des ballons, des chars enormes qui polluent a outrance. En plus, cest un endroit ou le concept de recuperation est presque inexistant. Mettons que une journee cetait deja beaucoup, javais pas trop le gout de depenser de largent au pays de George Bush.


Puis, on a finalement decrisser de cette place de merde pour Cancun au Mexique. Encore ici, ya beaucoup damericains, mais on se sent davantage dans lesprit mexicain. Cest plus relax, plus sympathique. Jaime deja beaucoup le Mexique surtout apres etre passer dans un endroit aussi poche culturellement et de mentaliter que les Etats-Unis...

A laeroport, on a rencontrer un britannique vraiment sympathique. Le pauvre gars sen allait en bateau pour Cuba, il a deriver et sest fait prendre par les garde cotes jamaicains. Ils pensaient quil faisait du trafic de drogue et ont decider de larreter. Il a passer 2 jours en prison avec comme unique ration 2 tranches de pain par jour. Il sest finalement fait sortir du pays par le premier vol (Miami) et la il devait aller au Mexique pour reprendre un vol vers Cuba. Une histoire de fou je vous dis. Finalement, je lai inviter a se joindre a nous a lhotel et il va passer quelques jours en notre compagnie. En meme temps, ca pratique mon anglais a defaut de pratiquer mon espagnol :P

Donc au programme aujourdhui, nous nous rendons a Isla Mujeres, un endroit moins cher et plein de bonne places pour faire du snorkelling! Tout ca ne fait que commencer et je sens que ca va etre tout un voyage!! Il fait autour de 30 degres et plein soleil ici, mettons que ca change de Montreal!! On a ete se baigner dans la mer hier soir, putain quelle est chaude!!

Je vous envoie des photos de ca bientot, jai pas ma camera avec moi en ce moment!! Jespere que tout se passe bien pour vous chers blogueurs, amusez vous leter arrive et pour certains lecole est finie!! Je vais tenter duptader le blogue aux 2 jours pour vous raconter les principales peripeties!

America: fuck no!

2007-03-20

Manali


Alors, c'est décidé, je part avec Mathieu, Brice, Lia et Laurence à l'assaut des montagnes enneigées de Manali pour tenter d'y glisser un peu, du moins c'est ce que je crois.

Je quitte Dharamshala sans regret. En fait, je suis vraiment content de partir, de sortir de mon illusion de paradis terrestre perdu pour enchaîner sur la vraie vie, sur l'aventure. Et puis, maintenant, je peux dire que j'ai des nouveaux amis "permanents", ils seront là pour plus qu'une ou deux journée.

On prend nos tickets de bus et on rencontre une mignonne petite indienne qui nous fait vite comprendre que l'amour n'a pas de language. Elle est toute jeune encore, ce qui fait que ses parents ne l'ont pas encore entrainée à se tenir loin des hommes et des étrangers. La petite nous accompagne avec son sourire et ses blagues enfantines durant l'attente du bus.

Voila la coquine en photo:

Il arrive, on est tous fébriles, on part à l'aventure avec une bande d'inconnus et on s'en va encore plus haut dans l'himalaya, à 2 200 mètres d'altitude.

Arrivé dans le bus, on constate que la randonnée sera pas facile. Le confort est plus que sommaire, il n'existe tout simplement pas. Le taux d'humidité frôle les 110%, la porte du bus ne se ferme même pas (!), le moteur fait un bruit d'enfer et pour terminer je me demande encore s'il avaient inclu une quelconque suspension pour amortir toutes ces bosses qui ont matraqué ma colonne. Rajoutez à ça mes 6 pieds de grandeur et mes genoux dans le front.

J'oublierai jamais cette randonnée de bus là. En fait, une chance qu'on voyageait de nuit parce que je serais mort d'une crise de coeur en voyant tous ces ravins, sans présence de garde-fou (le terme sécurité en Inde prend un tout autre sens...) , à environ 1 mètre de ma fenêtre.

Un autre problème commençait à ruiner mon voyage: Depuis quelques jours, j'étais presque tout le temps atteint de la maladie du touriste. La bouffe indienne me faisait vraiment pas. J'avais environ 50% de mes forces habituelle pour vivre mes journée et croyez-moi, ça en fait pas beaucoup pour avoir du plaisir.

Puis, quelque part entre deux montagnes, le bus s'est arrêté pour faire une halte. Je suis sorti dehors avec les gars pour fumer un pètard et manger une orange. Tranquillement, j'ai levé la tête vers le ciel... jamais de ma vie j'aurais cru voir les étoiles aussi grosses et éclatantes. Peut-être que c'était à cause de l'altitude, peut-être aussi à cause du peu de lumière aux environ, jamais j'oublierai ce moment là.

J'étais malade, j'avais froid, j'avais aucune énergie. Mais à ce moment là, j'ai senti que j'avais touché la liberté totale. Je pouvais pas être dans une situation plus folle/magnifique. J'étais au bout du monde en train de regarder les étoiles à côté d'un bus pourri avec des français et des belges à mes côtés.

Ensuite, ya bien fallu remonter dans le bus. Nous sommes arrivés à Manali dans la nuit. On a pris un petit taxi et on s'est dirigé vers une petite ville tout près reconnue pour ses sources chaudes. On s'est trouvé un petit hôtel par cher (même pas 1$ la nuit) et on a passé le reste de notre nuit là. Ma chambre n'avait pas la moindre trace de chaleur, j'ai donc dormi avec 3 couches de vêtements et mon sleeping bag à une température de -10 celsius. Ça faisait partie de l'aventure je suppose.

De toute façon, quand tu viens de te taper un voyage de 8 heures dans des conditions aussi confortables, ya pas grand chose qui pourrait t'empêcher de dormir...

Mon ami Bill me l'avait bien dit dans l'avions: India's gonna blow your mind, again and again..

2007-03-12

La fin des illusions




Après 15 heures de train et 4 heures de bus, j'y suis. Je suis à l'endroit dont j'ai si souvent rêvé, je suis dans le fief du Dalaï Lama, à Dharamshala. Je réalise pas que j'y suis enfin. J'entre au paradis, un paradis de montagnes vertigineuses avec des centaines de pics enneigés au loin. Un paradis paisible loin de la frénésie de Delhi.

Retour en arrière. Quelques heures avant, dans la train, j'ai fait une rencontre inoubliable. J'ai croisé entre deux vagons une jeune américaine du Colorado. Elle s'en allait enseigner quelque part dans l'Himalaya l'anglais dans une petite école à quelques centaines de kilomètres de là. Cette fille était spéciale, dans ses grand yeux bleus au milieu de son mignon visage rond, il y avait la compassion d'un milier d'âme réunies sous le même toit. Ce visage là, c'était la bonté et le dévouement même. Il y avait une sérénité qui se dégageait d'elle, comme si la misère pouvait atteindre des sommets, mais jamais son coeur. Si j'ai bien appris quelque chose de ce voyage là, c'est bien que la misère n'a d'autres repères que le coeur et ça c'est si on veut bien la laisser nous gagner sans se battre.

Bon je m'égare. Avant d'arriver à Dharamshala, j'ai rencontré un Japonais dans la vingtaine qui s'en allait au même endroit que moi, il s'appelait Kenny Chi. Un vrai trippeux, un gars qui revenait d'une année en Australie pour apprendre l'anglais. Nous avons décidé de faire un bout de chemin ensemble.


Je suis donc arrivé à Dharamshala avec mon backpack rempli d'espoir et de rêves d'un monde meilleur. J'ai crû le trouver à mon arrivée quand j'ai aperçu ce village paisible au milieu des montagnes. Les moines tibétains qui marchent dans la rue, souriant, et les tibétains, ce peuple d'exilés, qui innondaient le silences de paroles et de rires. Ils sont si zen, si en communion avec le monde. Et tous ces drapeaux qui flottaient au vent...

La première nuit n'a pas été facile. Moi qui s'était habitué au climat de Delhi, je me suis retrouvé dans une chambre non chauffée à 0 degrés. Mais il m'en fallait bien plus pour m'abattre, pour abattre Lestat, ce vampire qui buvait du rêve comme d'autres boivent de l'eau.

Au matin, très tôt, j'ai décidé avec Kenny de visiter le temple du Dalaï Lama, j'avais eu vent qu'il y serait à la fin janvier ou encore au début février. Malheureusement, il n'y était pas et n'y serait pas avant un bout de temps. Pas loin du temple reposait sa demeure, entourée de gardiens avec des mitraillettes. C'était vraiment ça que je voulais voir?

J'avais perdu le tissu d'illusion qui me protégeait l'esprit des grands froids. L'intense se manifestait dans son aspect le plus négatif. Lestat bouillonnait de rage. Les petites rue paisibles de Dharamshala étaient maintenant remplies de marchands qui me harcelaient, ces pauvres tibétains qui se faisaient innonder de chinois dans leur pays natal étaient maintenant envahi ici par des milliers d'Indiens. Et il y avait cette pauvre mère de famille, veuve ou reniée, avec ses 2 enfants, qui trainait dans les rues sans compassion aucune. C'était impossible. Je n'étais pas au bon endroit.

Mon esprit devint charbonneux, ma vision acide. Je traversais mon premier moment noir du voyage.

Et c'est à ce moment que j'ai réussi à rejoindre les deux québécois que j'avais rencontré à l'aéroport de Delhi. Ils étaient pas loin, dans la même ville à leur nouvel appartement, à quelques centaines de mètres de moi. Je les ai rejoint dans un petit bar et on a fêté toute la soirée. Du rap américain résonnait sur les murs de bar, on buvait de la bière à la tonne. Ça m'a fait du bien. Parce que même si tu veux t'enfuir le plus loin possible, ça te fait toujours du bien, une fois de temps en temps, de retrouver sur ton chemin des gens qui te ressemblent.

Le lendemain, à mon hôtel, j'ai remarqué deux filles qui parlaient français. Curieux un peu, je me suis approché pour en savoir plus. Elle s'appelaient Lia et Laurence et elles étaient belges. Plus tard dans la soirée, elles m'ont présenté des gars qu'elles avaient rencontré depuis peu, les français Mathieu et Brice. Je les ai suivi à leur chambre, on a parlé de tout et de rien, de politique, de musique, de voyage. Ils avaient décidé de faire un bout les 4 ensemble, destination Manali. Je leur ai demandé:

- Qu'est-ce que vous allez faire à Manali?

- Du ski, parait qu'il y a une montagne où on peut en faire!

- C'est trop bien ça!! Est-ce que....je...peux... venir avec vous?

- Bien sûr Jeff!

Et voilà. Moi qui croyait rester à Dharamshala pour des semaines, je n'y ai passé que 3 jours, mais 3 jours de désillusion totale. J'avais rien à perdre de m'en aller voir ailleurs. Le voyage prenait une tournure différente, il passait d'une quête spirituelle à l'aventure uniquement. J'ai passé les trois semaines suivantes avec eux, entre montagne et déserts.

Mais en fait, ils n'allaient pas à Manali pour les raisons que je croyais...

2007-03-06

Poussière et misère



Pendant 3 jours de temps, je me promène avec Gezlar dans les rues poussièreuses et bondées de Delhi. Il me donne le courage qui me manque. Il me parle de sa vie, de sa famille. Il a plein d'amis dans les quartiers. Il me dit tout le temps qu'il est pauvre, qu'il a pas d'argent, mais que sa foi l'aide à passer à travers tout ça.

Pour se rendre aux différents temples à visiter, nous prenons le taxi, des Auto-Rickshaw. Propulsés par des moteurs de motos, ces drôles d'engins transportent des milliers de gens du nord au sud à Delhi. Considérant le bordel que peut être la circulation à Delhi, ça tient du miracle. D'ailleurs, vu par un occidental, la manière de vivre de ces millions d'Indiens tient du miracle et de la survie.

Une idée de quoi ça a l'air une balade en rickshaw, imaginez vous conduire une auto temponneuse au beau milieu de 1000 personnes avec des motos, des vaches, des mules, des charette et aucune démarcation entre la ligne gauche et droite de la route. Vous avez encore même pas idée. Malgré tout ça, les conducteurs se respectent plus qu'ici, étrange...

Le jour, je visite des temples de toute sorte avec Gezlar, je respire la pollution qui noirci mes narines (comparé à ça le smog de Montréal c'est le paradis!!). Je suis frappé par l'ambiance si calme et zen des temples et le retour à la rue bruyante et bordélique. Deux univers à une porte de distance.

Le soir, je suis sage et je reste sur la terasse de mon hôtel où ya un restaurant et surtout un bon rassemblement de routard comme moi qui cherchent toujours une bonne conversation avec des compères. J'y rencontre des Français, des Japonais, des Irlandais, des Australiens, des Allemands. plein de gens différent. Les gens sont toujours très sympathiques, à part quelques Japonais qui semblent condescendants.

Un bon matin, avant de visiter un temple bouddhiste, je décide d'aller vers un terrain vague et surprise je peux accéder au fleuve. J'approche tranquillement et environ 20 mètres avant d'arriver à la rive, une odeur de merde épouvantable envahi mes narines polluées et me monte à la tête. J'en reviens pas! Ce fleuve un putain d'égoût à ciel ouvert! À la surface, des étroncs en quatité phénoménale se mêlent à toute sorte de déchêts. J'en ai le vertige. Si fallait que je tombe la dedans, ma peau décolle.

Par hasard, à la station de train, je rencontre une bande de coréens fort sympathique et je décide de passer la journée avec eux. Ils sont un peu craintifs et n'ont toujours pas mangé indien. C'est donc moi, petit Quebecois, qui fait découvrir les joies de la gastronomie indienne à des Coréens.

Voila la photo, des Coréens trop gentils et moi avec un look discutable :P




Delhi est au prise avec un grave problème de pollution. Les gens jettent leurs déchêts à la rue et le concept de récupération fait partie d'un futur hypothétique. C'est même pas grand comme Montréal et on est 16 millions sur ce petit bout de terre ravagé. Malgré tout, Delhi est passionnante, c'est une porte ouverte vers l'occident, une énergie spéciale combinée à une volonté de progrès et d'avancement. Son centre ville est en transformation, tout change très vite, il y a plein de projets immobiliers, un métro plus moderne qu'à Montréal, un McDonald et des boutiques de linge branché et puis 4 rues plus loin tout redevient l'Inde normale. Franchement paradoxal.

Mais Delhi n'est pas ma destination finale. Delhi est le quai de débarquement, le début de l'aventure.



Je décide donc de partir, destination: Dharamshala, village du Dalaï Lama, en plein Himalaya.
Je quitte mon "ami" Gezlar (maintenant désigné comme guide touristique demandant paiement) un soir en lui souhaitant une vie meilleure.

J'ai pour environ 15 heures de train à faire et 4 heures d'autobus, mais je m'en fou complètement. Je suis rempli d'une énergie folle, de l'adrénaline qu'on peut seulement avoir en voyage. Je suis où j'ai toujours voulu être. J'ai aucun ami à moins de 16 000km d'ici. Je me sens absolument libre d'être moi-même puissance 10.


Je suis dans le pays miséreux et il y règne la croyance absolue.

2007-03-01

Il était une fois dans l'est

Je quitte l'hôtel de Bill et Debby, mes premiers amis. Je suis un peu triste, mais je laisse ça pour demain.

C'est là, à ce moment là, que je réalise que je suis seul en pleine rue en Inde. Autour de moi, ya mille Indiens à l'intérieur de 10 mètres carré, des chiens et des vaches partout, plein de gens qui essaient de me vendre des trucs que je veux pas. Je suis à Pahar Ganj, quartier des routards, des guides improvisés, des arnaques.

À ma gauche et à ma droite, ya des petits commerces avec des enseignes poussiéreuses partout. Les fils électriques sont amassés en bordel gigantesque. Il ne semble y avoir aucun ordre logique, mais pourtant tout fonctionne.

J'avais trouvé un hôtel ou je voulais loger à mon arrivéedans mon guide de voyage. Après quelques minutes de repérage (il n'y a pas de nom de rues en Inde, ca complique un peu les choses), je le trouve, il est plein, on me réfère à un autre presque aussi bien.

Je m'installe et je retourne au restaurant de l'hôtel, à l'étage du bas. Je me sens plutôt bien de m'être lancé la dedans seul. Je m'acclimate. Moi qui avait juste été en Floride et dans l'ouest canadien avant, ça avait rien à voir ce que je vois là.

Je retourne à la rue et je rencontre la personne qui faut au bon moment. C'est Gezlar, un musulman d'environ 30 ans, habillé style très occidental. Il est sympathique et il connait bien l'anglais, il sait très bien comme beaucoup d'Indiens que c'est la langue de l'argent t souvent de la survie. Il a un bateau au Cachemire où vivent sa mère et sa soeur. Lui, il est à Delhi pour ramener un peu d'argent durant l'hiver et essayer de vendre ses voyages. Pas facile de vendre la Cachemire à un touriste ces temps-ci.

Durant 3 jours, Gezlar m'aide à connaître un peu l'Inde. Il me parle de choses qui faut savoir par rapport à Delhi. Il est très spirituel. La première chose qu'il m'emmène voir est la mosquée du sud. J'arrive au moment où tous les hommes s'assoient en face de l'hôtel. Il se mettent à chanter en coeur.

Moi qui est pas très religieux, quand les chants se sont élevés, j'ai senti une vibe incoyable. Gezlar chantait à côté de moi, des larmes coulaient sur ses joues. Il était littéralement emporté, ailleurs dans son monde.

La journée tire à sa fin. Gezlar veut me montrer sa chambre. C'est tout petit, ça sent pas très bon et ya pas de meubles, mais Gezlar s'en fou bien, qu'est-ce qu'il pourrait bien faire seul dans sa chambre, la vraie vie pour lui c'est dehors. Au passage, il me montre des photos de lui avec plein de touristes. Il tente de gagner ma confiance, et tranquillement ça marche.

Je repart de là, les idées un peu ébranlées. Arrivé à l'hôtel, je montre sur la terasse sur le toit. Entre 1000 coups de klaxons et plein de touriste un peu excentrique regroupés en ce froid soir indien, je regarde les étoiles. Yen a pas, la pollution au dessus de Delhi faisant que je les vois pas.

Pas grave, j'ai plein d'autres chose à regarder...

En plein désert, en pleine nuit...

2007-02-28

Delhi, 3 heures du matin

Mon coeur commence à battre très fort. J'ai jamais vécu aussi intensément je crois. Et le pire dans tout ça c'est que je m'en rend pas vraiment compte, je suis dans le feu de l'action, il faut que je me trouve un endroit ou dormir...et vite.

Après avoir bien regardé l'affiche de l'hôtel de Bill, deux drôles d'Indiens me regardent d'une façon peu rassurante. Celui de gauche, un grand gaillard aux yeux louches, me demande le plus normalement du monde:

- Hey, show me your passport!

Heu....je suis tout sauf rassuré par cette phrase la. Je lui répond pas et je prend à ma gauche dans ce qui semble la rue la plus large et éclairée que je vois (2 lumières au 50 mètres...). Et la, le bal commence. Un Indien, deux Indiens, trois Indiens me demandent tous en coeur les yeux plein d'espoir et de roupies:

- You want a room for tonight? Come to see my place! Great place! Cheap! Come on, follow me (Avec l'accent de Apu dans les Simpsons)

L'intense: Is it far from here?

- No no, don't worry about it, come with me.

J'ai pas vraiment le choix, j'en choisi un au hasard et je le suis.

Quelques mètres plus loin, me voilà en face d'un trou à rat qui me semble tout sauf sécuritaire. Ça coûte 450 Rs (environ 10$ canadien), mais je veux pas dormir là, je vois mal comment je pourrais fermer l'oeil. Goodbye Indian #1, je retourne dans la rue pour voir si un de tes semblables a mieux à offrir.

De retour dans la rue, je commence déjà à me demander où est l'hôtel de Bill. La sueur imprègne mes tempes avec et mon taux d'adrénaline frôle la zone rouge. Je refais le manège encore une ou deux fois pour voir si l'Inde à mieux à m'offrir. Pas ce soir, ça a l'air.

C'est à ce moment que je trouve mon petit coin de paradis. J'entre dans l'hôtel qui s'avèrera mon doux nid de roses pour ce soir. Au comptoir de la réception, quelques Indiens s'affairent à dormir sur le sol. Une odeur de vômi m'empli les narines et s'y incruste pour un bon moment. Je monte à l'étage en enjambant les 2 ou 3 Indiens qui dorment dans les escaliers entre les niveaux.


On me montre ma chambre. Couvre lit taché (c'est assez commun en Inde ça), mais la toilette est propre et il ne semble pas y avoir le moindre signe de vie douteux dans la crasse des lieux. La porte a l'air solide, je peux y installer mon cadena et c'est franchement tout ce qui m'importe en ce moment. 400 Rs le prix de la chambre. Bon d'accord, j'ai plus le goût de chercher.

Je retrouve par miracle l'hôtel de Bill, je prend mon backpack et je retourne à mon petit coin de paradis. J'ai rendez-vous avec Bill le lendemain matin pour le petit déjeuner. J'écris un peu dans mon journal pour soulager la tension, je finis par fermer l'oeil à moitié pour un gros 3 heures. De toute façon, à ce moment là, j'ai pas besoin de sommeil ni de nourriture, je suis Lestat l'aventurier et je me nourris d'aventures...et d'une bouteille d'eau payée 8 fois le prix!

Le lendemain, de retour à l'hôtel de Bill et Debby, je prend le petit déjeuner. Eux s'en vont au Rajasthan, dans l' extrème ouest du pays, et moi à Dharamshala, au nord. Nos chemins se séparent. J'ai pas le goût de les voir partir, ce sont mes nouveaux parents, mon nouveau port d'attache en ces mers inconnues. Mais je n'ai pas le choix, je suis venu seul en Inde et dans la solitude se déroulera une bonne partie de mon chemin.

- India's gonna blow your mind Jeff, me dit Bill

Je sort de l'hôtel, un peu ébranlé, je les aimais déjà mes Américains.

Et je me lance dans cette rue bondée de taxis rickshaw, de vaches, de yogis, de charettes, de misère et de bonheur.

Je me lance dans le vide, rempli d'espoir...

2007-02-27

Pahar Ganj, New Delhi




Voici la première d'une série de photos prises sur le vif l'an passé. On commence par celle-ci. Ya tout ce qui fait la magie de Delhi la dessus...ou presque :)

India's gonna blow your mind Jeff...


C'était le 15 janvier 2006.

Après 17 heures d'avions, j'arrivais enfin à New Delhi, armé de mon backpack rempli de quelques vêtements, médicaments, trucs utiles, mais surtout d'espoir. J'avais eu la chance de rencontrer Bill et Debby assis à côté de moi dans l'avion, un couple d'américains dans la cinquantaine de l'Alabama qui m'ont offert un lift pour leur hôtel. Il ont sûrement eu pitié pour ce jeune fou de québécois qui se lançait dans la jungle urbaine sans même savoir où il pourrait poser la tête en ce soir de misère.

Le premier truc qui me frappe en Inde, c'est qu'arrivé au dessus de Delhi, je peux pas croire que c'est une ville de 16 millions d'âmes. Ya pas de lumière! À Montréal yen a 10 fois plus. Faut croire qu'ils s'éclairent à la chandelle pour les chanceux et à l'espoir les 15 500 000 autres... C'est là que j'ai réalisé à quel point en Amérique du Nord on est les champions du gaspillage de lumière. Peut-être qui en a plusieurs qui compensent pour celle qui ont pas en dedans...

On sort de l'avion, on se dirige vers la douane. J'aperçois à quelques mètres de moi une casquette du Canadien, pas croyable, et en dessous de la palette, un jeune québécois barbu avec sa copine à ses côtés. Pas le choix, je me lance (c'est fou comment on devient sociable avec ses semblables au bout du monde) et leur demande ce qu'il foutent ici. Leur voyage de noce qu'ils me disent! C'est plutôt original. Et la fille complète une thèse de maîtrise sur l'Inde. S'en vont à Dharamshala d'ici quelques jours (ma destination ultime en Inde). Parfait, on va se rejoindre la-bas!

Je retrourne voir Debby et Bill, on finit par sortir de la 2 heures plus tard (C'était ma première expérience avec la bureaucratie indienne, fallait que ça soit représentatif!) et on s'engouffre dans un petit Jeep, direction: Pahar Ganj, le quartier des routards.

C'est la que j'ai compris que j'aurais plus jamais peur à la ronde. La circulation en Inde, c'est un bordel complet étonnament fonctionnel. La police à plus l'air la pour faire une parure que pour gérer quoi que ce soit. Ya pas de limites de vitesse et anyway à moins d'être franchement suicidaire on a pas vraiment envie de dépasser 50km/h. Pas de signalisations non plus. Pas de règles affichés, mais un surprenant respect des uns et des autres. Des klaxons à la tonne, mais pas pour faire chier les gens comme à Montréal, plutôt pour montrer qu'on est là et qu'on passe à côté d'un autre véhicule.

Après avoir pris une bonne sniffée de pollution (normalement c'est assez noir quand tu te mouches après avoir fait une ballade à Delhi), on arrive finalement à l'hôtel. Ouf, soulagé, je peux me relaxer un peu. Mais heureusement les trucs fonctionnent jamais vraiment comme on pense en Inde.

Le propriétaire, sentant la bonne affaire, voyant un jeune perdu débarquant à 3 heures du matin dans son hôtel, se propose de faire un peu de profit pensant avoir affaire à un petit naïf. Ben oui, je suis vert, naïf, je connais rien de l'Inde à ce moment là, mais pas au point de me laisser avoir par une chambre à 25$ US (Une chambre comme ça se vend plutôt autour de 10$ canadien et encore).

Alors l'impulsif en moi prend le relais. Ta chambre tu peux bien te la mettre dans le cul! Je sacre mon camp d'ici, c'est pas vrai que je vais me faire avoir dès la première heure de mon arrivée en Inde.

- Bill, garde mon packsack le temps que j'aille faire un tour pour trouver mieux! (Dit avec un air déterminé au possible)

Rien à perdre, tout à gagner (En tout cas, c'est ce que je pense à ce moment là)

Je mémorise l'affiche de l'hôtel de mes nouveaux amis...Et je me lance seul dans la jungle de New Delhi en plein milieu de la nuit.